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Mainmise sur quoi?

parJennie

Mettre la main sur quoi?

Sur une dite culture underground?

Et que pensez-vous des grands solitaires comme

Léonard. Cohen, Donovan, Jésus-Christ?

Ce psychédélisme utopjque que pense-t-il

de gars comme Jimmie Hendrix,

cet enfant vaudoo qui est retourné

à son père sur quelques astéroïdes.

Et qui sommes-nous, race blanche, race hybride, race de mutants en lutins diaboliques dansant dans la forêt autour de Blanche-Neige, buvant des jours heureux?

Attendant la magie du réveil et ils

mangeaient heureux les champignons!    

Et elle est morte (Overdose dope)

et son Prince caché dans son enfance, l'a réveillée

Et c'est le paradis perdu retrouvé.

Vous y croyez vous à ces histoires?

au livre des morts transcrit dans

les pyramides égyptiennes.

Vous croyez aux sorcières qui

buvaient de brûlants poisons

humant le sang chaud de la mort froide?

Elles voyagent sur un balai à la

pleine tune à ce qu'on dit.

Tout ça pour vous dire que je suis

contente de voir quelques "bums"                                     '   .

s'occuper art, musique, etc.

Une belle radio under what?

française avec un parc pour tes orchestres ou une

rue à orchestre ça serait bien le fun à Montréal.

 

Une Christ de belle radio

avec des bums qui y parlent

correct..

Un parc écœurant, genre Jeanne-Mance,

à la disposition du public où

à tous les jours des orchestres.

Je m'en vais faire un petit voyage
de plusieurs moi en Amazonie;
on
n' a pas tous le sens des responsabilités.
Une lectrice qui fume un peu                                                 

Jennie

 


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Quelques "Mainmise au point

par Normand Bourque

La parution du premier numéro de "Mainmise" ne laisse pas sans susciter chez moi quelques points de critique qui sont ici développés dans le sens d'une plus grande disponibilité de la revue en tant qu'organe d’information et d'une plus grande efficacité de celle-ci en tant que médium de changement social et culturel,

I) Pour une véritable

"MAINMISE" underground québécoise

Le lecteur peut d'abord être frappé par le caractère local et l’aspect limitatif de I'information de Mainmise. Si on fait l'inventaire des textes, très peu de ceux-cî sont représentatifs de "l'alternative québécoise". Nous ne voulons pas que "Mainmise" soit une succursale au Free Press ou du Village Voice. Même si l'underground québécois n'a pas l'allure spectaculaire de Haight Ashbury ou de Chicago, cela ne veut pas dire qu'il faille assimiler unilatéralement notre révolution culturelle à la contre-révolution américaine. Il y a toute une sémantique culturelle à effectuer quand nous parlons d'"underground" et j'espère que dans les numéros à venir, Mainmise consacrera plus d'attention à la situation québécoise. Le défi semble plus difficile à surmonter, l'information écrite étant plus restreinte; mais c'est justement parce qu'il n'y a rien de fait en ce sens que les portes sont grandes ouvertes aux écrits "utopiques" de Québécois réfléchissant à notre situation culturelle.

 


Pour ma part, Sa suggestion idéologique de Pénélope sur le Québec comme alternative devrait constituer le plan premier de NOS préoccupations dans Mainmise.

II) La contre-révolution américaine et la révolution critique

Le Québec vît actuellement une métamorphose à la fois sociale et culturelle. Plus précisément, au moment critique de son histoire où il tente désespérément de faire sa synthèse culturelle, il subit le contrecoup de la révolution sociale américaine, celle du "CULTURE AGAINST MAN!" L'underground américain est un mouvement massif de front "anti-Establishment, anti-Vietnam, anti-répression," un mouvement global de Libération contre le"Computerized Brain-Washing". La révolution sociale est très avancée: Woodstock Nation est dans la rue. Il ne s'agit plus de débattre la question "Hippy- Yippie" dans les salles de conférence, mais f ace aux individus directement concernés: Abbie Hoffman et le procès des huit "Conspirateurs" contre la Convention 'démocratique" de Chicago, "Medium-Cool", "Easy Rider", "Fuck the Draft", "Révolution for the Hefl of lt'.... Mais la décadence ou la désagrégation du système, avec toutes ses inconsistances  et ses  illogismes, apparaît toujours d'abord dans les zones "périphériques". L'Empire romain a vu les signes avant-coureurs de sa chute non pas d'abord à Rome mais en Gaule, en Espagne et en Afrique. L'impérialisme américain est en voie de régression en Corée, au Vietnam, à Berlin, à Cuba etc. A quel point l'est-il au Canada, au Québec? Les événements actuels ont une lourde charge idéologique.., Les mouvements sociaux aux USA, et îa révolution culturelle au Québec présentent des  analogies de composantes»  mais la totalité des phénomènes qu'ils recouvrent séparément définissent des situations globales très différentes.

Il ne s'agit plus d'attendre que McLuhan (qui a défini des média américains beaucoup plus que québécois, quant à leur contenu, autant que leur contenant idéologique) ou Jean-François Revel (regard un peu plus objectif et non point faussement "condescendant" d'un Français sur des phénomènes

que la France n'a jamais d'ailleurs bien compris) définissent pour nous notre situation, comme ce fut le cas pour notre histoire qui s'est toujours faite, semble-t-iî, à notre insu. Grâce à sa situation géographique et culturelle privilégiée, le Québec représente peut-être 'L'ALTERNATIVE', non pas l'alternative entre l'Amérique et l'Europe ou l'OPTAT anti-Amérique, mais bien l'alternative synthétique de la culture universelle. Notre nationalisme est un nationalisme de raison parce que nous avons été conditionnés dans notre système d'éducation à voir la phase "nationale" de notre développement comme essentielle à notre épanouissement, voire notre équilibre culturel. Pour la première fois dans l'histoire des sociétés, l'opportunité nous est offerte de ne point donner raison aux théoriciens-historiens-politicologues. Tout dans notre histoire culturelle atteste la réalité de la propension universelle de notre culture; nous avons déjà chez nous tous les éléments historiques qui définissent la nouvelle culture, celle de la nouvelle génération: depuis nos coureurs des bois (nos arrière-grands-pères Hippies!) jusqu'aux survenants et iconoclastes des C.E.G.E.P. et des universités, en passant par les phases ambivalentes du colonialisme, sort à la fois triste et heureux des minorités, du matriarcat, du clergétîsme, du joual, des beatniks et des aliénés-sans-culture-sans-langue-propre sans identité, sans oublier l'émergence parallèle de l'énigmatique néo-culture psychédélique du gros complexe moléculaire amphétamîne-méthédrine-LSD-marijuana, haschisch, psîlocybine..., phénomène trans-cultureî, si l'on veut, mais qui prend, dans le contexte qui nous occupe, des résonances particulières.

Doit-on entrevoir à travers l'imminence de notre révolution sociale une société utopique qui s'enfermerait naïvement sous quelques dômes géodésiques placés sur les terres du grand Nord pour constituer la race mutante de l'homo QUEBECQUENSIS ou de l'homo PSYCHEDELENSîS?

Telle est, à mon avis, îa signification "actuelle et pratique" de l'Alternative utopïque et de l'Harmonie utopique,

III) La révolution pacifique et l'agressivité positive

Toute révolution est une sorte de gestation qui peut avorter ou être menée à terme. L’idéal serait évidemment un accouchement sans heurts ni douleurs du type LOVE AND PEAGE. Mais l'Harmonie utopique semble requérir pour sa réalisation et ce, à l'image des lois biologiques, une certaine douleur de l'enfantement, un certain "tantrum" ou traumatisme. Le Yoga lui-même est une tension qui conduit vers l'Harmonie physique, mentale et psychique, mais c'est une tension contrôlée. Dans cette perspective, l'agressivité est nécessaire à l'individu, à l'enfant, comme à îa société pour opérer un certain dépassement du moi individuel ou social. Mais cette agressivité doit être contenue, contrôlée, i.e. rationalisée, maîtrisée pour lui donner une énergie positive. A ce titre, Mainmise devrait développer (elle la déjà amorcée d'ailleurs) une agressivité positive, critique, stimuler Intellectuellement en créant îe dilemme, le paradoxe, etc. La révolution humoristique semble elle aussi un moyen efficace, incisif, quand elle est utilisée avec franchise et finesse...

Normand Bourque

Prof, d'Anthropologie

Collège du Vieux-Montréâf.

 

 

 

                          SUITE

 

 

 

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