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DECENTRALISATION – CENTRALISATION
La notion de la décentralisation se trouve à la base de plusieurs visions utopiques. Il suffit d'y penser un peu... une certaine cohérence est quand même indispensable avant qu'une communauté ne puisse endosser le dôme géodésique de Fuller. Et le degré de cohérence dépend en grande partie du nombre d'éléments diversifiés dans la communauté. Dans LA REPUBLIQUE, Platon préconise la création de Cités dont là population MAXIMUM serait de 50,000 habitants.
Les urbanistes contemporains ont été plus lents à reconnaître les avantages de la décentralisation. Dans COMMUNITAS, les auteurs Paul et Percival Goodman constatent que les Nord-Américains sont devenus victimes "des mythes de la technologie." "Ils s'imaginent qu'il est plus efficace de centraliser, alors que c'est tout le contraire. Ils croient, comme à un dogme.de-foi, que les grosses usines sont plus efficaces que les petites entreprises. Il ne leur vient jamais à l'esprit, par exemple, qu'il serait moins coûteux de transporter les machines au lieu de transporter les ouvriers."
Les auteurs analysent aussi la disproportion entre les moyens et les buts de notre société. A force de vivre dans une société où les moyens technologiques sont extravagants, nous avons formulé des buts extravagants et confus. Comme résultat, 'nos valeurs ont dépassé l'échelle humaine et sont devenues paléo-technologiques." Le progrès est devenu synonyme d'innovation matérielle.
Dans son livre LA MORT ET LA VIE DES GRANDES VILLES AMERICAINES, Jane Jacobs formule une autre défense de la décentralisation. A son avis, ce sont les divers éléments sociaux et ethniques d'une ville qui font sa richesse culturelle. Garantir la survie des quartiers autonomes, c'est assurer les ressources culturelles de la métropole entière.
IMPROVISATION DEMOCRATIQUE -PLANIFICATION BUREAUCRATIQUE
Pour Jane Jacobs, comme pour les citoyens de Milton-Parc à Montréal, le grand ennemi des quartiers populaires, c'est le planificateur professionnel. Les citoyens sont mieux placés pour voir et respecter les particularités de leurs quartiers que le professionnel dont la vision est déformée par les généralisations théoriques. Toute rénovation urbaine devrait donc se faire par un processus d’improvisation démocratique au niveau des quartiers.
Paul et Percival Goodman font une critique plus inquiétante de la planification bureaucratique. Selon eux, la planification au niveau gouvernemental s'élabore partiellement en fonction du programme de la défense nationale: le choix des matériaux de construction est souvent fait en fonction de bombardements éventuels; les dimensions des réseaux de transport sont souvent déterminées par les besoins de convois militaires, etc. Faut-il chercher plus loin les causes de l'aliénation?
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